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Kon Kurd

Confédération des Associations Kurdes en Europe


Vive le 1er mai


Vive la lutte des peuples contre les Etats oppresseurs


Les travailleurs et les ouvriers ont joué un rôle déterminant dans la lutte pour le progrès de la démocratie et des droits et libertés fondamentaux. Ce rôle historique et inestimable est marqué par cette journée qui incarne les valeurs démocratiques et communautaires.

Le 1er mai symbolise aujourd’hui la lutte contre toutes les formes d’oppression. Pour cette raison, cette journée revêt une importance particulière pour les Kurdes qui, divisés entre quatre Etats, se battent depuis plusieurs décennies pour la reconnaissance de leur identité et de leurs droits fondamentaux.

En Turquie, les Kurdes représentent plus de 20 millions de personnes. Depuis la fondation de la République turque, les gouvernements successifs ont tout mis en œuvre pour étouffer les nombreux groupes ethniques se trouvant sur le territoire et les noyer dans la « Turcité » : un seul drapeau, une seule identité, une seule langue. Ils ont si bien fait qu’ils ont réussi à effacer les traces de l’existence de peuples entiers. Ceux qui n’ont pas été chassés ou exterminés ont été assimilés par la force. Bien qu’ayant été les principales victimes de cette politique d’extermination, les Kurdes ont décidé de résister. Aujourd’hui, la Turquie s’acharne sur ce peuple, le seul qu’elle n’a pas réussi à détruire.

Derrière la façade démocratique dont s’est dotée la Turquie pour se conformer aux critères d’adhésion à l’Union européenne, l’Etat turc continue sa sale guerre contre le PKK, mouvement de libération nationale kurde. Malgré les multiples tentatives du PKK et de son chef Abdullah Öcalan pour mettre fin à cette guerre et négocier une solution au problème kurde, la Turquie fait la sourde oreille et, prétextant la lutte contre le terrorisme, intensifie ses opérations militaires, n’hésitant pas à les étendre au-delà de ses frontières. 

Dans ce pays aux portes de l’Union européenne, l’armée et la police continuent impunément à torturer et massacrer les Kurdes, ceci dans l’indifférence générale des pays européens. Malgré les pressions et les fraudes de tout genre mises en oeuvre par l’AKP, le parti pro kurde DTP (Parti pour une Société Démocratique) a remporté une victoire significative aux élections municipales du 29 mars dans la région du Kurdistan.

Ne pouvant « encaisser » ces résultats, les autorités ont durci la répression à l’encontre de la population kurde. Au cours des deux dernières semaines, plus de 300 dirigeants du DTP et d’associations jugées proches de ce parti ont été arrêtés. Dans le même temps, les forces de l’ordre ont violemment réprimé plusieurs manifestations kurdes, tuant 7 personnes, dont 3 enfants.

Les enfants tués à Hakkari, Van, Diyarbakir, Urfa n’étaient armés que de cailloux. Mais, face à eux, la police et l’armée n’ont pas hésité à utiliser les armes à feu et à pratiquer des tortures ignobles, se conformant ainsi aux instructions du premier ministre turc Recep Tayyip ERDOGAN qui a récemment déclaré que, dans la lutte contre le « terrorisme », les forces de l’ordre devaient réprimer pareillement femmes, hommes et enfants. Qu’est-ce que le terrorisme ? Est-ce de lancer des cailloux ou de tirer froidement sur des enfants ?

L’Europe doit cesser de fermer les yeux sur ces atrocités commises par la Turquie sous couvert de lutte contre le terrorisme. Il faut que les Etats européens et leurs organisations fassent pression sur la Turquie pour qu’elle arrête ces massacres et cette sale guerre. Dans le cas contraire, ils continuent d’être complices de la Turquie et devront un jour ou l’autre rendre des comptes aux victimes du terrorisme d’Etat.