A l’attention des autorités françaises
Nous condamnons fermement l’arrestation et la mise en examen de six politiciens kurdes par l’Etat français et demandons la libération immédiate des personnes détenues.
Rappelons que ces personnes ont été contraintes de fuir leur pays et de se réfugier en Europe en raison des actes terroristes perpétrés par les Etats turc, iranien et syrien contre la population kurde. Soulignons également le contexte particulier dans lequel se situent ces arrestations : l’extension du débat sur la résolution de la question kurde et la décision du KCK (Confédération démocratique du Kurdistan) de prolonger la trêve unilatérale de son mouvement armé. Ces opérations policières et judiciaires ont été largement commentées par la presse nationale turque qui a ouvertement attaqué les Kurdes vivant en Europe et leurs associations.
L’ensemble de ces éléments soulève des questions sérieuses quant aux intentions réelles de l’Europe, et de la France en particulier. Compte tenu du fait que la France et d’autres Etats européens sont en grande partie responsables de l’apparition du problème kurde, il leur incombe aujourd’hui de contribuer à sa résolution. Or, vu sa politique actuelle à l’égard des Kurdes, il est clair que la France cherche au contraire à aggraver le problème. A travers les arrestations récemment opérées, les autorités françaises signifient au mouvement kurde qu’elles n’ont que faire de sa trêve unilatérale et expriment leur soutien à la politique répressive de l’Etat turc. Ainsi, la France encourage les deux parties à poursuivre le conflit armé. C’est dire que les droits fondamentaux du peuple kurde sont encore la proie des petits intérêts étatiques.
Nous demandons à la France de mettre un terme aux pressions contre les militants politiques kurdes et de libérer immédiatement ceux qui ont été mis en examen.
Nous rappelons encore une fois à la France qu’il lui incombe de contribuer à la résolution du problème kurde.
A défaut de contribuer à sa solution, nous lui demandons au moins de s’abstenir d’aggraver le problème.
KON-KURD (Fédération des Associations Kurdes en Europe)
6 juin 2009





